Agriculture

WIP. L’agriculture intensive : un modèle dépassé ou nécessaire ?

Quelle que soit la région où l’on se situe, les campagnes françaises sont bien souvent une succession de champs cultivés et de prés. L’agriculture occupe en effet plus de la moitié de la surface en France métropolitaine. Bien que l’agriculture biologique progresse, elle reste très minoritaire et ne représente que 3,7% des surfaces. Force est de constaté que la grande majorité des exploitations continue d’exercer une agriculture intensive.

Par ailleurs, la taille moyenne des exploitations agricoles françaises a continué de progresser sur la première décennie des années 2000 pour s’établir à 52,6 ha.

Ces quelques chiffres mettent en perspective la situation française actuelle. Bien que les français consomment d’avantages de produits biologique, l’agriculture française reste très largement dominée par le modèle intensif. Or, de nombreuses critiques lui sont adressés, notamment concernant son impact négatif pour la planète. A l’inverse, de nombreux spécialistes défendent ce modèle pour sa performance et ses rendements importants.

Nous tacherons dans cet article de ne pas faire preuve de dogmatisme, mais plutôt de faire une analyse chiffrée de la situation et de l’avenir de la filière agricole. Pour cela, nous aborderons tour à tour les aspects :
–        Historique
–        Economique
–        De santé publique
–        Environnemental
–        Social

L’aspect historique :

En France, l’agriculture intensive s’est développée dans les années d’après-guerre. En effet, de nombreux prisonniers de guerre furent envoyer travailler dans des exploitations agricoles allemandes. Ils y découvrirent une agriculture beaucoup plus moderne que celle pratiquée dans nos campagnes. Dès les années 30, l’économie allemande intensifia son industrie pour moderniser le pays, son économie et ses armées. Ils appliquent la même stratégie de développement à leurs fermes avec l’utilisation d’engins motorisés et de produits chimiques qui augmentèrent drastiquement les rendements. Fort de ces découvertes, de nombreux prisonniers revinrent en France après la guerre avec une nouvelle approche du monde agricole.

A cette période, la France était très affaiblie et son économie ravagée. Le pays était à reconstruire, et le peuple manquait de nourriture. Le choix fut donc de soutenir la modernisation des exploitations agricoles sur la base de ce modèle. De plus, les industries tournées jusqu’alors sur l’effort de guerre devaient se reconvertir. D’importants stocks de produits chimiques étaient disponibles. Le soutien au développement d’une agriculture moderne, plus industrielle et chimique, fut donc perçu comme une formidable opportunité.

De ce point de vue, la transition vers une agriculture intensive fût une véritable réussite. D’une part, la France réussit à éviter les famines (bien que les tickets de rationnements n’aient été arrêtés qu’en 1949), et d’autres part son économie agricole fut durablement relancée. En 1920, on ne récoltait que 15 quintaux de blé à l’hectare, guère plus qu’au Moyen âge. Aujourd’hui, le rendement est passé à une moyenne de 70 quintaux.

Cette hausse prodigieuse de la productivité du secteur agricole a non seulement permis de nourrir la population de l’époque, mais surtout d’accompagner l’explosion démographique des années qui ont suivi (voir le graphique ci-dessous).

Evolution démographique FR

D’un point de vue historique, le choix de quitter un mode de production faiblement efficace bien que biologique est donc parfaitement compréhensible. A cet égard, « l’agriculture moderne » a tout à fait répondu aux attentes des acteurs qui l’ont mis en place.

L’aspect économique :

Depuis 1950, la part du secteur agricole dans le PIB français n’a cessé de diminuer pour atteindre 1,6% en 2015, pour un montant 36,5 milliards d’euros. On pourrait dès lors considérer qu’économiquement le secteur agricole a perdu de son importance. Ce serait une erreur, car il génère structurellement un fort excédent commercial, qui s’élevait à 9,1 milliards d’euros en 2015. Par ailleurs, bien que ce nombre ait énormément baissé depuis 1950, plus de 922 000 personnes participaient régulièrement au travail des exploitations agricoles en 2013.

Par ailleurs, en plus de la seule production agricole, il faut prendre en compte l’intégralité de la filière, en incluant la part de l’industrie agroalimentaire. Au total, le chiffre d’affaire total s’élevait à 73,3 milliards d’euros pour l’année 2014, pour 1,42 millions d’emplois, soit 5,5% des emplois totaux. Il est intéressant de constater que les professionnels de l’agroéquipement, les producteurs de semences, de fertilisants, de produits phytosanitaires (etc.) génère un chiffre d’affaire supérieur à la seule production agricole.

Nous l’avons abordé précédemment, le modèle intensif est un modèle industriel. Or, il s’agit d’une industrie de pointe extrêmement performante qui participe positivement au solde de la balance extérieure. Dans un contexte où la France possède un déficit chronique de sa balance commerciale (le coût des importations est supérieur aux recettes générées par les exportations) à hauteur de 53,8 milliards d’euros sur l’année 2014, l’excèdent commercial du secteur agroalimentaire est donc une manne dont l’Etat français peut difficilement se passer (CF graphique ci-dessous).

Balance Commerciale FR

L’enjeu économique est un aspect crucial dans le débat qui oppose les différents types d’agriculture. Une analyse se limitant à la seule prise en compte des agriculteurs et de la production agricole serait réductrice.

Catégories :Agriculture, HP, Industrie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s